La littérature et les arts soviétiques ont joué un rôle non négligeable, mais souvent négligé, dans la définition du rapport à l'étranger : celui qui vit en dehors des frontières (le capitaliste occidental, « bourgeois »), mais aussi l’étranger de l’intérieur, l’ennemi de classe qui doit s’assimiler ou émigrer. C’est pourquoi la question du rejet ou de l’assimilation de l’héritage esthétique russe pré-révolutionnaire et de l’art occidental est au cœur de la politique culturelle qui se met en place pour bâtir des valeurs qui se veulent spécifiquement soviétiques.
Réalisées pour la plupart à partir de documents premiers et par des spécialistes en littérature, arts du spectacle, cinéma, architecture, arts plastiques, musicologie, sociologie des arts, histoire culturelle, les études ici réunies sont centrées sur l’URSS des années 1920-1960.
Elles permettent d’appréhender les stratégies individuelles et collectives, les modes d’intégration et les formes de résistance à la culture étrangère. Par le biais de la propagande, de la traduction, de la diffusion d’images et d’imaginaires, dans le cadre de festivals, d’expositions, de voyages, d’invitations, la culture soviétique cherche à s’imposer, sur son territoire multinational et dans le monde, comme nouvelle, si ce n’est novatrice, héritière mais aussi pionnière, tout en étant soumise à de stricts et fluctuants contrôles. Car les critères idéologiques resteront déterminants dans les choix esthétiques, toute importation ou exportation comportant un risque de contamination.
Dossier critique
Vie et Aventures de Salavin de Georges Duhamel
Études réunies par Paul Renard
Roxane Doré : Qui père gagne : la problématique paternelle
comme ressort des aventures de Salavin, p. 7.
Arlette Lafay : Le roman de Salavin : une problématique de la mort de l'homme, p.19.
François Ouellet : Salavin ou l’impuissance métaphysique, p. 29
Édith Perry : Inscription du corps dans Vie et aventures de Salavin, p. 41.
Gianfranco Rubino : L’espace impossible de Salavin, p. 53.
Éliane Tonnet-Lacroix : Salavin, anti-héros exemplaire, p. 65.
Paul Renard : Lecture d’une séquence
L’oreille de M. Sureau
(premier chapitre de Confession de minuit), p. 75.
Gerald Prince :Salavin, le langage et le récit dans Confession de minuit, p. 83.
Michel Dyé : La mise en scène d’un tourment existentiel
dans Le Club des Lyonnais, p. 89.
Lectures étrangères
György Tverdota : Frères jumeaux et sœurs jumelles :
Thérèse Desqueyroux de François Mauriac
et Une possédée de László Németh, p. 97.
Romans contemporains
Frank Wagner : Le « roman » de Romand
(à propos de L’Adversaire, d’Emmanuel Carrère), p. 107.
Annie Jouan-Westlund : Psychanalyse et écriture de soi :
leurre ou gageure ? L’auto-analyse de Serge Doubrovsky, p. 125.
Romans 20-50
Thanh-Vân Ton-Thât : L’image du populaire chez Proust :
du rêve d’ascension aux désirs de transgressions, p. 135.
Comptes rendus
À propos d’Éducation européenne, p. 158.