Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, le régime est-allemand érigea un mur dans l'ancienne capitale du Reich pour endiguer l'hémorragie de ses citoyens vers la RFA. Des familles furent déchirées et, au moment de sa destruction, en 1989, ce mur avait tué une centaine de personnes.
Sa construction sembla cimenter l'ordre binaire de la Guerre froide et la division de l'Allemagne, mais il fut surtout la césure la plus profonde de l'histoire allemande entre 1945/49 et 1989/90. Cependant après quelques mois de colère et d'indignation, les nouvelles réalités provoquèrent une réorientation au sein de la classe politique occidentale, incitant Bonn à redéfinir ses rapports avec l'« autre Allemagne ». Celle-ci poursuivit ses efforts en vue de s'affirmer aux plans intérieur et extérieur. Le Mur mit fin à la crise de Berlin dans sa phase spectaculaire, mais il n'atténua guère la rivalité entre les deux Allemagnes qui s'installèrent à des degrés divers et de manière différente dans la division déclenchant un long processus de démarcation.
Au début des années 1970, force était de constater que les divergences allaient croissant entre les projets politiques des uns et des autres, l'incompatibilité des structures sociales et les contrastes dans les usages linguistiques constituaient des frontières invisibles, tout comme les représentations culturelles qui se caractérisaient par des approches concurrentes. Ces éloignements politiques, sociétaux et culturels se trouvent à l'origine de l'Ostpolitik de Willy Brandt, lequel considéra que les deux États allemands ne pouvaient pas être étrangers l'un pour l'autre, si bien que leurs relations ne pouvaient que revêtir un caractère particulier.
À partir des résultats de la recherche récente, cet ouvrage se propose d'analyser les spécificités d'une histoire intégrée des deux Allemagne caractérisée tout à la fois par des interdépendances et des démarcations.
Introduction. La littérature russe et nous
Quels repères donner aux lecteurs de culture française ?
Le cliché du prince russe francophone
Vous avez dit « âme russe » ?
1. Quelques dates
1485
1703
1812
1825
1861
1921
1934
1956
1987
2. Quand la littérature russe commence-t-elle ?
Les plus anciens textes russes : une préhistoire de la littérature
La grande remise à plat du XVIIIe siècle
Écrire comme tous ou comme personne ?
Une littérature européenne, mais en langue russe
La métrique, mémoire de la culture russe
Quelques constantes
3. Une grande littérature ?
Centre et périphérie
La littérature russe en France : cote et décote
Splendeur et misère de la traduction
4. Que veut dire le mot « littérature » en Russie ?
Pouvoir tout dire ?
Censure impériale et censure soviétique
Autonomie et « lecture transcendante »
5. Lire Gogol, oui, mais lequel ?
Vissarion Biélinski, auteur du Manteau ?
Le fantôme de l'« école naturelle »
Littérature, critique et prédication
6. Deux manières de poser la question « Que faire ? »
La drôle d’Europe des occidentalistes
Identité russe et totalité organique
L’héritage slavophile
7. Qui sont « l’homme de trop » et « le petit homme » ?
Eugène Onéguine et Akaki Akakiévitch
Nouvelle ou roman ?
Biélinski, car c’était lui
Parodie et subversion : la couette, le sous-sol, l’étui
8. Qu’est-ce que « la réalité » du réalisme russe ?
La littérature du vrai : autobiographie et « choses vues »
Reproduire, imaginer
L’art et le matériau
La littérature peut-elle créer la réalité ?
Conclusion. Vesoul
Bibliographie
Chronologie des auteurs russes cités
Index nominum
Index rerum