L'ouvrage révèle le rôle de l’écriture comme outil de la négociation politique que la noblesse militaire mène avec la société et avec l’État. Lire la suite
Au milieu des guerres d'Italie et des guerres de Religion, des capitaines français firent bien plus que conduire leurs hommes au combat. Plumes en main, ils menèrent une autre lutte pour l’honneur de leur maison et de leur ordre, en témoignant de leurs exploits martiaux. Ces auteurs combattants furent des gentilshommes, des patrons, des serviteurs, des lecteurs, des cadets, des chrétiens ou des courtisans pour qui écrire était une manière d’agir dans le monde. Ils empruntèrent à leurs savoir-faire professionnels, à leurs compétences de seigneurs et à leur culture littéraire, nobiliaire et religieuse les outils nécessaires pour gagner le magistère sur l’écriture du fait militaire et pour capter les bénéfices de leur engagement. Actes d’écriture, leurs mémoires prolongent les pratiques ordinaires de serviteurs habitués à rendre compte de leurs états de service et de leur domination sociale. Loin d’être des monuments pour la postérité, ils étaient au cœur d’un négoce avec la société et avec l’État.