L'ouvrage révèle le rôle de l’écriture comme outil de la négociation politique que la noblesse militaire mène avec la société et avec l’État. Lire la suite
Au milieu des guerres d'Italie et des guerres de Religion, des capitaines français firent bien plus que conduire leurs hommes au combat. Plumes en main, ils menèrent une autre lutte pour l’honneur de leur maison et de leur ordre, en témoignant de leurs exploits martiaux. Ces auteurs combattants furent des gentilshommes, des patrons, des serviteurs, des lecteurs, des cadets, des chrétiens ou des courtisans pour qui écrire était une manière d’agir dans le monde. Ils empruntèrent à leurs savoir-faire professionnels, à leurs compétences de seigneurs et à leur culture littéraire, nobiliaire et religieuse les outils nécessaires pour gagner le magistère sur l’écriture du fait militaire et pour capter les bénéfices de leur engagement. Actes d’écriture, leurs mémoires prolongent les pratiques ordinaires de serviteurs habitués à rendre compte de leurs états de service et de leur domination sociale. Loin d’être des monuments pour la postérité, ils étaient au cœur d’un négoce avec la société et avec l’État.
Remerciement
Préface
Avertissement
Introduction générale
A - Qu'est-ce que les mémoires militaires ?
B - Les étudier en historien
C - Le corpus
Partie 1. Les stratégies de l'auteur militaire
Introduction de la première partie
Chapitre 1. Qu'est-ce qu'un auteur militaire ?
A — L'édification de l’auteur militaire
B — Je ne suis pas un auteur : les prologues
Chapitre 2. La guerre comme vocation
A — Des gentilshommes de guerre
B — L’utopie militaire
C — L’aventure de la guerre
Chapitre 3. Entre culture du livre et culture militaire
A — Banalité des lieux communs
B — Où situer les auteurs militaires ?
C — Autonomie et empire des codes oratoires
D — La fabrique du témoignage de guerre
Conclusion de la première partie
Partie 2. Les conditions du témoignage
Introduction de la deuxième partie
Chapitre 4. Les savoir-faire du témoin
A — Le pacte testimonial
B — Écrits et pratiques ordinaires de témoignage
C — Le témoignage dans la culture de l’imprimé du siècle
Chapitre 5. Le paradoxe du témoin-pilleur : l’authenticité au défi des emprunts
A — Faire du neuf avec de l’ancien : l’ordre ancien de l’écriture
B — Formes et fonctions de l’emprunt
C — Se conformer à la vérité notoire
D — Trouver sa voix de témoin : entre imitation et copie servile
Chapitre 6. L’institution du témoignage : le regard et la confiance
A — L’entreprise collective du témoignage
B — La confiance au cœur du témoignage
Conclusion de la deuxième partie
Partie 3. Représenter la bataille
Introduction de la troisième partie
Chapitre 7. Du chaos à l’ordre
A — L’expérience du chaos
B — La quête de l’ordre : exigence militaire et nécessité littéraire
C — La fabrique du récit en situation
D — Les bouleversements de l’ordre après 1562
Chapitre 8. Le sens du combat
A — Les modèles de représentation de l’action
B — Les modèles de sens
Chapitre 9. La mise en mémoire
A — Les critères de l’événement
B — Mémoire immédiate
C — Mémoire consensuelle
D — La « perpetuelle mémoire de la vertu »
Conclusion de la troisième partie
Partie 4. Le sens des écarts : pratiques et représentations du fait militaire
Introduction de la quatrième partie
Chapitre 10. Émotions, altérité et seuils : enjeux politiques des discours sur la violence
A — La banalité de la violence
B — Violences mises en scène, violences masquées
C — Hiérarchies sociales, hiérarchie des violences
Chapitre 11. Armes à feu et crise de la vaillance : « L’yre de dieu tonnant du ciel »
A — Un rapport ambivalent
B — Cristallisation d’un topos de la Renaissance
C — Angoisse politique ou politique de l’angoisse ?
Chapitre 12. Savoirs et expériences militaires .
A — L’expérience de pensée
B — Pluralité des expériences : le débat La Noue et Le Poulchre (1587-1597)
C — Fixer les pratiques ou façonner les savoirs ?
Conclusion de la quatrième partie
Partie 5. Instituer et servir
Introduction de la cinquième partie
Chapitre 13. Négocier le service du roi
A — Une quête inquiète
B — Une négociation continue
C — Une histoire politique des émotions
D — Les enjeux de la définition de l’engagement
Chapitre 14. Le pouvoir de l’écriture
A — Les mythologies de l’utopie militaire
B — Contrôler le récit de la guerre (v. 1570-v. 1625)
C — Réformer le registre de l’honneur (v. 1570-v. 1625)
Conclusion de la cinquième partie
Les mots, seuls reflets d’un diagnostic et d’un idéal ?
Histoire politique des émotions
Conclusion générale
A — « Mon fils, & ceux qui liront ces memoires »
B — L’écriture comme pratique