À partir des notions de « mythologie individuelle » et de « mythe individuel », il s'agit d'interroger les caractéristiques prêtées à l’art brut, renouvelées par leur extension ou déplacement dans le champ de la création moderne et contemporaine, ainsi que leur rapport à l’histoire. Ce qu’on nomme « l’art brut », en incluant ses extensions dans... Lire la suite
À partir des notions de « mythologie individuelle » et de « mythe individuel », il s'agit d’interroger les caractéristiques prêtées à l’art brut, renouvelées par leur extension ou déplacement dans le champ de la création moderne et contemporaine, ainsi que leur rapport à l’histoire.
Ce qu’on nomme « l’art brut », en incluant ses extensions dans l’Outsider Art, mérite une considération nouvelle. On doit se garder de réifier ou d’essentialiser cette notion : l’art brut, en vérité, est une question. Le point de départ de la recherche se trouve dans l’intitulé « Mythologie individuelle », désignation par Harald Szeemann d’une section de la Dokumenta 5 de Kassel en 1972, réunissant des œuvres d’artistes contemporains dont Étienne-Martin ; dans leur immédiate proximité étaient exposées des œuvres principalement issues du contexte asilaire. C’est ce sens initial qui s’est vu enrichi, déployé et déplacé d’une manière qui rencontre les champs de l’histoire et de la critique de l’art, de la psychanalyse, de l’anthropologie et de la philosophie.
L’objectif général de la démarche est de questionner les déterminations profondes des œuvres : l’histoire, la fable et l’intrigue, selon une orientation susceptible de dialectiser les rapports entre l’individuel et le collectif, entre la structure et l’activité dynamique, entre l’écrit/dessin et l’oral. C’est non seulement la catégorie d’art brut mais le concept d’art, inclus le statut des processus créatifs, qui sont mis à l’épreuve.
Présentation
Première partie. Penser la vision
Section 1. Du moment épistémologique au moment esthétique
Gérard Simon
Chapitre 1. Optique et perspective : Ptolémée, Alhazen, Alberti
Philippe Hamou
Chapitre 2. « Peindre comme l'oeil voit ». Le naturalisme optique à l'âge classique
Section 2. « Entrer dans la pensée du peintre »
Catherine Kintzler
Chapitre 3. « Entrer dans la pensée du peintre » : études sur Coypel, de Troy
et David
Christophe Genin
Chapitre 4. L'autoréférence dans la peinture : réflexions et implications
Deuxième partie. Penser l'audition
Section 1. Le moment épistémologique
André Charrak
Chapitre 5. Perception de la tonalité et vision perspective à l'âge classique
Ricardo Mandolini
Chapitre 6. L'intelligence de l'ouïe, pour un modèle d'intelligibilité de
la perception timbrique en matière d'instrumentation et d'orchestration
Section 2 - Silence, cri et écoute
Michel Poizat
Chapitre 7. Musique, voix et silence
Anne Boissière
Chapitre 8. Écoute et analyse chez Adorno
Troisième partie. Correspondance et altérité des arts
Jean-Yves Bosseur
Chapitre 9. Entre son et couleur
Catherine Kintzler
Chapitre 10. Les arts contre leur esthétique naturelle et le problème de la
musique, « cet art de paresse »
Pierre-Henry Frangne
Chapitre 11. « Au contraire d'une fonction de numéraire facile et représentatif
» : penser, voir et écouter selon Mallarmé