Transmission de gènes et de biens, transmission d'une identité et de valeurs familiales, le législateur vient d'investir ou de remodeler ces objets de la transmission des parents aux enfants par les lois de 2001 sur les successions, de 2002 sur l'accès aux origines, sur la condition des malades, sur l'autorité parentale, de 2002 et 2003 sur le nom de famille. Grâce aux progrès de la biologie, l'enfant revendique un patrimoine génétique transparent (une filiation de naissance) et sain (à défaut il recourt contre ses auteurs). Et avec l'évolution des moeurs, les parents revendiquent l'égalité de leur sexe dans la transmission du nom et de l'éducation, et les enfants leur égalité successorale quelle que soit leur filiation juridique. Dès lors, les enjeux de cette transmission ne sont plus seulement au coeur du droit de la famille mais aussi au centre du droit des personnes. Chaque individu revendique des droits fondamentaux, faisant naître des conflits inédits dans les familles, où les nouveaux équilibres à trouver entre vérité et volonté, liberté et égalité voire équité doivent aussi satisfaire la société toute entière pour nourrir sa culture (transmission des valeurs) et son économie (transmission des biens) et maintenir son bien-être (transmission de la filiation juridique).
Charles Coutel inaugure ces travaux en montrant qu'il est urgent de réaffirmer le rôle structurant du « paradoxe de la transmission » qui est de « transporter tout en transformant », car son oubli par notre société est la cause de notre difficulté à penser la famille.
La conclusion de Laurent Leveneur sépare le bon grain de l'ivraie, inventoriant de main de maître les difficultés non négligeables et les multiples intérêts de cette transmission dont l'auteur veut lui aussi nous faire prendre toute la mesure : « 'Le mort saisit le vif'... Quelle formule !... On ne peut mieux illustrer l'importance de la transmission transgénérationnelle. Elle est au coeur de notre condition humaine, où la vie et la mort sont consubstantielles ».
Introduction
Anne Boissière, Christophe Boulanger, Savine Faupin
« Toutes les versions appartiennent au mythe »
Étienne-Martin vu par Harald Szeemann
Fabien Faure
La poésie à demeure : Victor Hugo, André Breton, Ferdinand Cheval
Pierre Dhainaut
Il était une fois « le mythe individuel du névrosé »
Geneviève Piot-Mayol
Avec Carl Einstein (1885-1940), aux sources de l'art du XXe siècle
Liliane Meffre
CHRIST À L'EAU ou Hodinos le différent
Lise Maurer
L'émergence des mythologies individuelles, du brut au contemporain
Magali Nachtergael
Témoigner. Émerveiller. Convaincre.
Lucie Goujard
D'un mythe son négatif : du poids de l’historiographie surréaliste dans les manières d’appréhender l’Art Brut de Jean Dubuffet aujourd’hui
Baptiste Brun
Robert Doisneau, Gilles Ehrmann, Mario Del Curto : regards photographiques
Charles Soubeyran
Beuysland : La construction du mythe de l’artiste dans le champ de l’art élargi
Maïté Vissault
Le surréalisme en exil et les comics américains à l’épreuve du mythe
Fabrice Flahutez
Présentation des auteurs