Perdre un proche marque une rupture dans nos vies. Cette rupture interagit avec un collectif, les lieux où nous vivons ou encore les structures sociales et politiques qui norment nos existences. Face à l'apparente solitude du deuil, la mort de l'autre interroge notre identité en tant qu'êtres fondamentalement relationnels. Traverser un deuil, c’est se retrouver confronté à la violence et au non-sens de la perte sur lesquels aucun mot, de prime abord, ne peut être posé. C’est pourtant à partir de cet indicible et incommunicable du deuil que peut émerger la question du sens et d’un rapport à soi, aux autres et au monde redéfini par la perte.
Dans la continuité de l’expérience, les savoirs et les discours sur le deuil et la perte influencent nos représentations de la mort et de l’accompagnement de la fin de vie. Ils interrogent plus largement le lien social : en quoi la réflexion sur le deuil nous engage en tant que citoyen.ne ? L’expression « faire son deuil » est alors à questionner : loin d’un impératif, il est question d’ouvrir des pistes de réflexion autour de la créativité humaine – parfois inattendue – face à l’expérience de souffrance et de rupture que constitue la mort de l’autre.
Introduction. Écrire la syncope : hors soi, hors lieu, hors temps
Chapitre I. Perception et représentation de la syncope et de l'extase à l’époque moderne
Syncopes physiologiques
Théories médicales et traités d’art
Lire le corps
Extases mystiques
Syncope musicale
Syncope linguistique et littéraire
1 – À force de syncope
Rosso Fiorentino, Descente de Croix
Nicolas Poussin, Esther devant Assuérus
Le Bernin, Saint Sébastien
2 – Présence/absence
Giuseppe Bazzani, L’Extase de sainte Thérèse d’Avila
Pierre-Paul Rubens, Sainte Marie-Madeleine en extase
Orazio Gentileschi, Saint François réconforté par un ange
Guido Reni, Sainte Cécile
3 – Renversement
Bartolomé Esteban Murillo, La Conversion de saint Paul
Artemisia Gentileschi, Danaé
Jean-Honoré Fragonard, Le grand prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé
Diptyques
Chapitre II. Éprouver la syncope du XIXe siècle à 1945
Le lâcher prise du corps, lectures philosophiques
Syncope salvatrice : obusite ou shell shock
Émotion insaisissable
La « petite-mort »
Extases entre volition et contemplation
La syncope ou l’évasion magique
Césures et rythmes syncopés
1 – La Syncope fémininmasculin
Jacques-Louis David, Les Licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils
Anne-Louis Girodet (attribué à), Dante et Virgile
Max Klinger, Die Kreuzigung Christi
2 – Vertiges
Hannah Höch, Indische Tänzerin
Salvador Dalí, Le phénomène de l’extase
Chapitre III. La syncope. Vertige de l’art contemporain depuis 1945
Psychologie des émotions
La syncope comme résistance et contre-pouvoir
De l’« extase-chute » à l’évanouissement
Fading ou le fantasme évanoui
The Politics of Ecstasy – états de conscience modifiée
« Syndrome de Stendhal » et hypersensibilité
Syncopation
Écriture syncopée ou le silence entre les signes
La syncope musicale du Boogie woogie au Hip hop et à l’Electro
1 – En suspens
Louise Bourgeois, Arch of Hysteria
Eva Hesse, Right After
2 – Rythme syncopé
Piet Mondrian, Victory Boogie-Woogie
Alighiero Boetti, Mettere al mondo il mondo
3 – Histoire(s) évanouie(s)
Jean-Michel Basquiat, El Gran Espectáculo (History of Black People)
Neo Rauch, Interview
Pierre Huyghe, The Host and the Cloud