Pourquoi avons-nous abandonné la forme du dialogue au profit du système pour philosopher ? Retour sur un débat essentiel de la modernité. Lire la suite
À la rationalité du système reliant tout à un principe, nous opposons les dialogues philosophiques et leur chatoiement de relations réelles. Mais qu'advient-il de notre conception de la raison si le dialogue n’est pas l’opposé du système, mais sa forme la plus adéquate ? L’ouvrage montre comment Schelling et, plus explicitement, Solger, conçoivent le dialogue philosophique comme une incitation faite au lecteur à effectuer en première personne la genèse du système. L’entretien écrit, véritable « œuvre d’art philosophique », révèle et actualise le système comme vie – comme notre vie. Cette voie est pourtant bientôt déclarée par Hegel périmée, et inadaptée à l’essence de la philosophie. En articulant les unes aux autres ces visions contrastées du dialogue, c’est la nature même du philosopher et non seulement sa forme qui est ici interrogée.
Abréviations principales
Introduction
I. Le dialogique dans la philosophie de Schelling
Le dialogique sans le dialogue ?
1. Théorie et pratique du dialogue philosophique chez Schelling
Les dialogues philosophiques de Schelling
Le dialogue comme forme adéquate de la « série idéale »
La forme dialoguée, réalisation de la philosophie idéale
Le dialogue, oeuvre d'art philosophique
Le dialogique et la poièsis
2. Le dialogique dans les Recherches philosophiques sur l’essence de la liberté humaine
L’enthousiasme comme dialogue intérieur
Le dialogique et la dialectique
Modes de discours dans les Recherches
Le texte des Recherches comme « mélange »
Philosopher – former-en-un (in-eins-bilden) le chaos
II. Dialogue et vie de l’Idée chez Solger
Une brève présentation :
Karl Wilhelm Ferdinand Solger (1780-1819) et son temps
Les dialogues philosophiques écrits par Solger
1. Le dialogue comme oeuvre d’art philosophique
Poésie et philosophie liées
Coïncidence de l’artistique et du philosophique
Réflexion et intuition
2. Faire passer la philosophie dans la vie
Philosophie vivante (1) : traits symboliques-mimiques du dialogue
Philosophie vivante (2) : la dialectique dialogique
Philosophie vivante (3) : la vie de l’Idée comme expérience de la conscience individuelle
III. La critique hégélienne du dialogue solgérien et la fin du dialogue comme système
1. La vitalité de l’Idée, comprise comme « développement »
Une lecture hégélienne favorable bien que partielle
Le spéculatif chez Solger
Caducité du spéculatif
Ce que Solger a « manqué » : le développement de l’Idée
Ironie et vie de l’Idée : l’ironie solgérienne entre subjectivisme et spéculation
2. Un « accord » sur le substantiel dans la sphère éthique-politique ?
Détour par la philosophie politique de Solger
Limites de l’agir moral
La nature comme présupposé de la philosophie politique
Individualité et moralité
Le concept du genre humain, principe de l’action bonne
L’État, le droit, la justice, la politique
Différence des philosophies politiques solgérienne et hégélienne
3. Dialogue, systématicité, intersubjectivité
Le système comme (présentation de la) vie de l’Idée
Platon et Solger, ou : plasticité versus symbolisme
Conclusion sur la critique hégélienne du dialogue
Conclusion