Moins connus du grand public que Trois femmes puissantes, les deux romans Rosie Carpe et La Vengeance m’appartient représentent et interrogent magistralement les violences sexistes, sexuelles et racistes au sein de la conscience, de la famille et de la société contemporaines, en nous faisant réfléchir à notre rapport éthique à la littérature.
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Marie NDiaye occupe une place singulière dans la littérature contemporaine, en raison non seulement de sa précocité, de sa virtuosité stylistique et de son succès critique (Prix Goncourt 2009), mais surtout de l’inconfort dans lequel ses textes romanesques et théâtraux plongent le lecteur et le spectateur contemporains. Publiés à vingt ans de distance, les deux romans étudiés dans ce volume, Rosie Carpe (2001) et La vengeance m’appartient (2021), montrent la continuité et l’évolution d’une écriture très maîtrisée où apparaissent des figures et des scènes inquiétantes, voire terrifiantes. Ils mettent en scène des personnages féminins ambigus, à la fois victimes et mères-infanticides, confrontés aux violences sexistes, sexuelles et racistes de la société postcoloniale contemporaine.