L'École n'est pas hors du monde et hors du temps. Lorsque les « malheurs de la guerre » frappent un territoire et ses habitants, les acteurs éducatifs et les structures scolaires et universitaires sont touchés. La mobilisation des hommes pour le combat atteint les personnels et les plus grands élèves ainsi que les étudiants, qui délaissent... Lire la suite
L'École n’est pas hors du monde et hors du temps. Lorsque les « malheurs de la guerre » frappent un territoire et ses habitants, les acteurs éducatifs et les structures scolaires sont touchés. La mobilisation des hommes pour le combat atteint les personnels et les plus grands élèves ainsi que les étudiants, qui délaissent la plume et le verbe pour l’épée et le fusil. À l’arrière, les acteurs de l’École tentent de maintenir en vie les structures scolaires et universitaires et de les mobiliser pour la victoire alors que nombre de bâtiments sont aussi réquisitionnés pour d’autres missions. Lorsque la guerre, devenue défaite temporaire ou plus durable, débouche sur l’occupation par des forces ennemies ou sur l’installation d’un nouveau régime politique (tel le Régime de Vichy), les Écoles doivent apprendre à « survivre » en terrain hostile, marquant souvent par leur présence une forme de résistance. Le positionnement des acteurs éducatifs, dans ces périodes « noires » s’avère complexe. L’École, qui peut être un outil de formation au service de l’esprit raisonnable et de la paix entre les hommes, peut aussi, sous certaines conditions, devenir un instrument au service de la préparation de la guerre. Ce sont là les thématiques majeures proposées par ce livre qui, autour de 24 contributions inédites, croisant les échelles spatiales, fait aussi le choix de la longue durée (XVIIe-XXe siècles), même si elles portent surtout sur les deux guerres mondiales du XXe siècle.
Préface. Démobilisations, quartiers populaires et démocraties autoritaires
Vincent Geisser
Introduction. Conceptualiser la démobilisation : pratiques de gouvernement et espace des luttes des quartiers populaires
Antonio Delfini, Julien Talpin, Janoé Vulbeau
Chapitre 1. Du bidonville à la cité : répressions et mobilisations sous contrainte à Nanterre, de la Guerre d'Algérie au début des années 1990
Victor Collet
Chapitre 2. La démobilisation des Jeunes Arabes de Lyon et Banlieue (1985-1998) ou les effets contradictoires de la reconnaissance publique
Foued Nasri
Chapitre 3. Distinguer les « bons » des « mauvais » musulmans. Enquête dans les archives du ministère de l’Intérieur des années 1990
Margot Dazey
Chapitre 4. Un « barbu » dans le conseil citoyen : répressions et réaffiliations politiques dans l’ex-banlieue rouge grenobloise
Romain Gallart
Chapitre 5. Du quartier des expulsions au quartier de l’espoir. Disqualifier des mobilisations par la construction d’alternatives concurrentes à Ciutat Meridiana, Barcelone
Marion Lang
Chapitre 6. Stigmatisation sociospatiale et démobilisation des mouvements d’habitant·e·s dans les projets de rénovation urbaine
Janoé Vulbeau
Chapitre 7. Le développement social urbain dans les HLM : entre substitution et contournement des associations de locataires
Benjamin Leclercq
Chapitre 8. La démobilisation par le partenariat. L’exemple d’une association de quartier à Lille
Thomas Chevallier
Chapitre 9. La mémoire des habitant·e·s face à la gentrification ? Comment la contestation sur projet cadre les mobilisations locales
Morane Chavanon
Chapitre 10. Encadrement, répression et résistances ordinaires dans les économies populaires
Collectif Rosa Bonheur
« Une vie sans lutte, c’est une vie qui ne sert à rien »
Entretien avec Fatima Ouassak
Biographies des auteurs
Recension Sociologie du travail