Peut-on faire du « retard français » un objet des sciences sociales? Oui, à la condition de s'attacher au discours sur le retard et de délaisser la posture évaluative qui conduit soit à la « tardophilie » soit à la « tardophobie ». Depuis le XVIIIe siècle, le discours sur le retard, lié à l'idéologie du progrès, a envahi l'espace public en... Lire la suite
Peut-on faire du « retard français » un objet des sciences sociales ? Oui, à la condition de s'attacher au discours sur le retard et de délaisser la posture évaluative qui conduit soit à la « tardophilie » soit à la « tardophobie ». Depuis le XVIIIe siècle, le discours sur le retard, lié à l'idéologie du progrès, a envahi l'espace public en devenant une rhétorique de l'insuffisance et du changement. L'analyse de cette rhétorique en action permet de rendre compte des multiples significations qui lui sont attachées, des croyances et des représentations associées et de ses évolutions dans le temps. L'analyse du corpus des rapports de la planification des années 1950-1960 en matière de science et de technologie montre comment ce discours a été un élément de la politique scientifique et technologique. Les retards sont définis à travers quatre grands « régimes de normativité »: celui fondé sur l'idée du progrès de la science pour lui-même ; celui fondé sur l'idée d'une interdépendance entre les disciplines scientifiques ou entre la science et la société; celui fondé sur la comparaison géographique et, enfin, celui fondé sur l'objectif administratif ou managérial. Constatant au cours du dernier demi-siècle la montée en puissance du régime de la «géocomparaison», ce phénomène est expliqué par les représentations des élites, l'institutionnalisation de la comparaison internationale et la mise en place d'un dispositif intellectuel qui la sert : les statistiques sur la science et la technologie.
• DOSSIER CRITIQUE
LA DISPARITION DE JIM SULLIVAN ET ARTICLE 353 DU CODE PÉNAL de Tanguy Viel
Études réunies par Maxime Decout et Laurent Demanze
Tanguy Viel : La Disparition de Jim Sullivan et Article 353 du code pénal
Maxime Decout et Laurent Demanze
Entre tissu et tessiture : la voix chez Tanguy Viel
Frank Wagner
Les dislocations de Tanguy Viel (Article 353 du code pénal)
Jérémie Majorel
Mettre en doute la « constellation des vérités écrites » : interprétations et déchiffrements partiels (La Disparition de Jim Sullivan et Article 353 du code pénal)
Estelle Mouton-Rovira
Cinéma, encore ?
Fabien Gris
Le leitmotiv de la disparition chez Tanguy Viel
Bruno Thibault
Enjeux esthétiques et politiques du happy end dans Article 353 du code pénal
Morgane Kieffer
Puissance des chimères : une lecture d'Article 353 du code pénal
Bruno Blanckeman
Le hasard et la manigance
Dominique Rabaté
Les régisseurs du temps : sentiment de l'avenir et embarras du volontaire dans Article 353 du code pénal de Tanguy Viel
Adrien Chassain
• ROMANS 20-50
Le café dans l'oeuvre romanesque d’Aragon : le Lulli’s d’Aurélien
Nicolas Allart
• HISTOIRE ET THÉORIE DU ROMAN
Blanchot sur le roman : « l’exigence de la disparition »
Xavier Phaneuf-Jolicoeur
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