Voici l'histoire d'un groupe de penseurs catholiques parvenus à l'âge d'homme à la fin des années vingt et dont l'influence sur son époque n'avait jamais été décrite comme telle. Privée par la condamnation pontificale de l'Action Française d'une doctrine et d'un mouvement qu'elle tenait pour l'expression de sa foi, une Jeune Droite Catholique se rassemble autour de Jean de Fabrègues. Elle mêle les inspirations de Jacques Maritain, Georges Bernanos, Henri Massis, Etienne Gilson, François Mauriac, Gabriel Marcel. Pour les contemporains, Fabrègues et la Jeune Droite Catholique sont, au catholicisme de droite, l'équivalent de Mounier et Esprit à celui de gauche : des "non-conformistes" invitant à une mutation des mentalités. Parmi les mouvements intellectuels des années trente, la Jeune Droite Catholique se caractérise par l'intransigeance avec laquelle elle se dresse aussi bien contre la démocratie parlementaire que contre les régimes totalitaires (communisme, fascisme, nazisme) installés en Europe. Humaniste et non-croyant, Thierry Maulnier se joint à elle après février 1934. La défaite de 1940 donne à Fabrègues un sentiment d'urgence : avec Jean Daujat, Jean et Henri Guitton, Gustave Thibon, François Perroux, il adhère aux principes de la Révolution nationale dans lesquels tous voudraient introduire les semences d'un ordre social chrétien. L'Occupation et l'évolution du régime de Vichy se chargeront de les décevoir, sans pour autant les faire renoncer à leur idéal. Fondé sur des archives inédites, cet ouvrage permet de mieux mesurer la complexité du témoignage chrétien en politique et jette un nouvel éclairage sur l'histoire du vingtième siècle.
Introduction. Les larmes de Clio. Quand l'Histoire sert à faire la guerre
Benjamin Deruelle
La guerre entre la Russie et l’Ukraine : une fatalité historique ? (2022)
Éric Aunoble
Le passé recomposé… L’Histoire à l’épreuve de la Troisième Guerre d’Indochine (1979)
Christopher Goscha
Du dévoiement de l’Histoire au génocide. L’Allemagne nazie et la préparation de la Seconde Guerre mondiale (années 1920-1930)
Deborah Barton
L’ordre et la civilisation au service de la guerre de pacification contre les populations bayas et panas de la Haute-Sangha et de l’Ouham-Pendé (1928-1930)
Patrick Dramé
Passés insurrectionnels et présent des « Pâques sanglantes » dans la Proclamation de la République irlandaise (1916)
Laurent Colantonio
Se libérer des tyrans. Les guerres d’indépendance latino-américaines et l’invention de l’imaginaire anticolonial (1815)
Geneviève Dorais
« Je me vis dans l’Histoire. » Bonaparte au futur antérieur (1799-1806)
Bernard Gainot
Dans le regard du colonisateur. Le Grand Dérangement ou la négation de l’histoire natale des Acadiens et des Acadiennes (1755-1762)
Jean-Philippe Garneau
« [S]i n’eust esté la malice, tyrannie, [et] les guerres » des Espagnols.Rhétorique pour une invasion de l’Italie à l’aube de l’époque moderne (1494)
Benjamin Deruelle
Nos ancêtres les Wisigoths ou Comment justifier la « reconquête » chrétiennede la péninsule Ibérique au Moyen Âge (viiie-XVe siècles)
Hélène Sirantoine
Une guerre peut-elle être juste ? Des usages romains de l’Histoire dans les entrées en guerre (IIIe-Ier siècles av. J.-C.)
Simon Cahanier et Sophie Hulot
Épilogue.L’Histoire peut-elle servir la paix ?
Carl Bouchard