Après plus de deux cents ans d'exploitation charbonnière et trente ans de reconversion, le bassin minier du Nord - Pas de Calais termine la mutation de l'après charbon. La mine a profondément marqué les territoires, les paysages, les hommes et les femmes : c'est toute une région qui a été soumise à la domination d'une industrie, ce sont des identités individuelles et collectives qui se sont construites, transmises et qui continuent de guider les comportements. Au terme de cette période charbonnière, des chercheurs des sciences humaines, des acteurs de la vie locale, des associations, ont voulu dresser un état des lieux. C'est celui-ci que présente cet ouvrage qui contient, pour chacun des domaines de la vie sociale, économique et culturelle, les discours croisés des chercheurs scientifiques, des personnes qui vivent quotidiennement les transformations du bassin minier, de photographes qui, à leur manière, nous disent ce que représente la mine aujourd'hui. Ces trois discours sur la mine nous entraînent dans une vision renouvelée des territoires, des vies, des mémoires et des espérances. Ils construisent les bases de ce qui pourrait être un avenir pour un pays qui cesse progressivement d'être dépendant de l'exploitation du charbon. Cet ouvrage a été réalisé après trois années de recherches conduites au sein du programme « Anthropologie du bassin minier » de l'Institut fédératif de recherche sur les sociétés industrielles du CNRS, avec le concours de la Région Nord - Pas de Calais, de la Mission du patrimoine ethnologique du Ministère de la Culture et de la Direction Régionale des Affaires Culturelles.
Arbeiterkultur – actes du colloque de l'AGES (2010)
I – L'âge d'or du mouvement ouvrier : une politique éducative, culturelle forte dans le prolongement du combat politique
Travail intellectuel et travail manuel. La réflexion de J. Dietzgen, ouvrier philosophe, Françoise Willmann (Nancy).
La social-démocratie allemande sous les lois antisocialistes : le parti de la culture, Anne Deffarges (Clermont II).
De la sociabilité locale à l'échelle internationale : pertinence, enjeux et limites d’une étude comparée des cultures ouvrières des bassins miniers du Nord-Pas-de-Calais et de la Ruhr, Rachel Genvo (Lyon).
La danse et la culture « rythmique » comme moyens d’action sur le travailleur autour de 1900, Olivier Hanse (Saint-Etienne).
Arbeiterkultur und Arbeiterbildung im Roten Wien 1918-1934 : Anpassung an die bürgerliche Tradition oder Arbeiterkultur? Jürgen Doll (Paris XII).
Vienne la Rouge et la politique de logement social, Anne-Marie Corbin (Rouen).
Le défi révolutionnaire de l’art populaire : théories et enjeux d’une culture populaire anti-bourgeoise chez Walter Benjamin, Christine Schmider (Nice).
II – Pratiques culturelles en RDA
« Schreibende Arbeiter in der DDR », Rüdiger Bernhardt (Bergen – bis 1987 Leiter des Zirkels schreibender Arbeiter in Leuna, Vorsitzender der Zentralen Arbeitsgemeinschaft schreibender Arbeiter der DDR).
Rummelplatz de Werner Bräunig : les limites d’une littérature ouvrière en RDA, Carola Hähnel- Mesnard (Lille III).
Wolfgang Hilbig (1941-2007) ou l’impossible identité d’écrivain-ouvrier, Bénédicte Terrisse (Paris IV).
Renaissance d'une culture ouvrière ou imposition d'un modèle idéologique? Le groupe "Die Fähre" (Halle), Patrice Neau (Nantes).
Musique populaire et culture ouvrière en RDA, Hélène Yèche (Poitiers).
Du jardin ouvrier au jardin familial est-allemand : de la culture ouvrière à la culture précaire, Anne-Marie Pailhès (Paris-Nanterre).
III – Littérature ouvrière à l’Ouest
Culture ouvrière et relations amoureuses dans Kasimir und Karoline de Ödön von Horváth, Aline Le Berre (Limoges).
Hans Sachs et le théâtre ouvrier au XXe siècle : une réception paradoxale, Florent Gabaude (Limoges).
Esprit de la classe ouvrière, es-tu là ? La lutte des classes dans le théâtre post-dramatique, Gérard Thiériot (Lille III).
Vom Dortmunder « Gruppe 61 » zum « Werkkreis Literatur der Arbeitswelt », Alfred Strasser (Lille III).
In deutsche Küchen de Biondi : le milieu ouvrier, espace d’intégration ou lieu d’exclusion ? Marion Dufresne (Lille III).
IV –Questions d’identité et d’intégration de la classe ouvrière, évolution vers les questions de mémoire et la culture du souvenir.
« Arbeiterkultur versus Massenkultur » : table ronde
- Ursula Bitzegeio (Archiv der sozialen Demokratie, Bonn)
- Klaus Tenfelde (Bochum)
Sortir du prolétariat. Mutations de la « classe ouvrière » ouest-allemande dans le « miracle économique » (1950-1973), Hélène Miard-Delacroix (Paris IV).
Participation et intégration en France et en Allemagne : quel rôle pour les organisations du monde ouvrier ? Julien Sellier (Amiens).
Le traitement des friches industrielles en France, en Allemagne. Michel Deshaies (Nancy).
Caractéristiques de la langue propre à la classe ouvrière, Norbert Dittmar (FU Berlin).
Les pronoms de solidarité dans le discours revendicatif d'ouvriers français et allemands, Cyrille Granget (Nantes).
V – Croisement des disciplines et des méthodes dans la construction d’une thèse en études germaniques : Table ronde des doctorants
« Sociologie et germanistique : que peut apporter l’enquête de terrain à la discipline ? », Julien Sellier (Amiens)
« Croiser l’Histoire avec la littérature mondiale pour écrire une monographie de littérature allemande contemporaine d’un point de vue diachronique», Bénédicte Terrisse (Paris IV).
« La périodisation de l’œuvre d’Arp (poétique et plastique) comme préalable méthodologique à l’analyse de sa poésie tardive », Agathe Mareuge (Paris III).
« l’étude du sous-titrage de film ou comment appréhender des interactions intra- ou extrafilmiques », Eve Vayssière (Paris IV).
« Constitution et gestion d’un corpus oral en (socio-)linguistique germanique », Britta Jallerat (Paris IV).
« Combiner plusieurs aires culturelles et approches disciplinaires dans une recherche de civilisation allemande », Elise Lanoë (Lille III).