Au cœur de chacun de vos livres, il y a comme une boîte noire – une boîte de Pandore – contenant des images qui défient et défont toute figuration. De quelle matérialité relèvent les objets héliotropes de votre œuvre ? Leur présence insolite et bizarre ?
- « Objet » : comme vous avez raison de vous arrêter à ce mot insolite ou bizarre, c'est vrai, j'ai le culte de l'objet. La collection que je dirige aux presses du Septentrion, depuis 1981, je l'ai appelée « Objet ». J'avais à l'époque lesdites presses sous ma responsabilité. Ce qui me donnait le privilège de travailler en étroite collaboration avec les imprimeurs, les maquettistes... J'ai pu de la sorte veiller très directement à la réalisation graphique de ce mot, qui tenait une place gigantesque sur le premier plat de couverture. Il a depuis maigri. Hélas, on se fait vieux. Mais au tout début, quelles rondeurs! Que voulez-vous ? Pour moi, le mot « objet » est rond. Et je ne l'ai choisi que pour cela. Je n'aime pas ce qui est aigu ou trop droit. Je hais le triangle, fantasme de guillotineur. C'est comme cela, et je n'y peux rien, je n'aime que le rond. Il me faut des courbes, comme il en faut à Adami. Si j'étais amateur de science-fiction, je m'intéresserais beaucoup au déplacement des fusées. L'astronomie ne connaît que les espaces courbes ou incurvés. Jamais de lignes droites, pour elle. Choisir le mot « objet » pour une collection, et choisir la forme dans laquelle ce mot apparaîtrait en couverture, valait manifeste littéraire... Comme automobile, en ces années-là, j'avais une « Fuego ». Pas la sportive en pointe de flèche. La toute ronde. Les étudiants, pour me taquiner, disaient quand ils me voyaient au volant: « Tiens, voilà Bonnefis dans son œuf ». Bien trouvé, et tout à fait d'à propos. L'« objet », dans l'image que je m'en faisais, au fond, c'était cela avant tout. Un habitacle, et, pour tout dire, le seul espace habitable à mon sens…
Europe, octobre 2010, n°978, .Au-delà des sources, Au-delà des sources. Entretien avec A. Wald-Lasowski par Philippe Bonnefis p. 311-324. (p. 320)
Collection crée en 1981 et dirigée par Philippe Bonnefis.
Au cours des Années folles, où la littérature sportive atteint son apogée et où les championnes et aventurières en tout genre connaissent une popularité sans précédent, la figure de la sportive trouve sa place dans le champ littéraire. Nombreux sont...
Ce titre-calembour est emprunté à Larbaud lui-même, Larbaud des Étivaux, qui cultive en effet, et dans tous les domaines, l'art de ne pas se plier à la loi du sens unique.
L'art beau des équivoques, c’est celui de ne pas se laisser emprisonner dans un...
Cet ouvrage constitue une réflexion sur le don du livre qui se manifeste par l'envoi, manuscrit, porté sur un seul exemplaire, et la dédicace, imprimée, portant sur tous.
Des artistes rassemble une série d'articles ou d’études consacrés par l’auteur à des peintres, graphistes, sculpteurs, photographes, cinéastes, chorégraphes qu’il a personnellement rencontrés.
Débrouiller l'écheveau complexe de la mémoire et des images, et singulièrement de la photographie, dans le texte autobiographique contemporain telle est la tâche que s'est donnée l'auteur du présent...
«Je ne suis pas moderne », jetait Camus en manière de défi.C'est que le classicisme tragique de l'écrivain donna le vrai ton de notre modernité après...
C'est une certaine performativité de la lettre fantastique que l'ouvrage s'attache à mettre en lumière, à partir d'un corpus protéiforme et à travers certains motifs...
Comme il y a un secret de Monte-Cristo, il y a un secret d'Alexandre Dumas. Ce secret concerne l'identité de l'écrivain, et non plus les motifs qui ont dicté le choix du nom porté par le héros. Chacun de ses écrits, de façon éminemment...
Les derniers numéros de revues parus à Septentrion
Actualités
Rythmes scolaires : changer, oui... mais comment ?
Toutes les explications de Claire Leconte, Professeur émérite de psychologie de l'éducation, Chercheur en chronobiologie, Présidente de l'AEPU, dans son livre :